Valencia et ses bases
Publié par trebormat dans voile, tags: 32, America's Cup, americascup, Coupe de l'AmericaA Valencia, presque tout est prêt pour le début de la louis vuitton cup mi Avril. Voici une rapide présentation du décor. Enfin pas vraiment de la ville, ni des environs que je ne connais pas bien mais des espaces de vie de chaque équipe : les bases.
Voici maintenant trois ans que le defender Alinghi a dévoilé la ville de Valencia en Espagne comme lieu d’affrontement de la prochaine coupe de l’America. Dès lors l’ensemble des équipes se sont installés sur les lieux. Dès 2004 pour les plus fortunés (Oracle, Alinghi, et Luna Rossa) ont installé des bases temporaires dans le port de plaisance au sud de la ville. Puis courant 2005 la totalité des équipes ont pris place dans leurs locaux définitif autour de la darsena interieur en plein coeur de la ville.
Mais qu’est ce qu’une base pour une équipe de la coupe de l’America ?.
© Pierre Orphanidis/Valencia Sailing
Il faut de la place pour au moins deux Class America, c’est à dire une coque de 25 mètres avec un bulbe de 22 tonnes. Bien sur il est hors de question que ces coques en carbone restent dans l’eau, il faut donc une grue pour le mettre et le sortir de l’eau chaque jour qu’ainsi que pour démater. D’autre part il y a toujours beaucoup de travail à réaliser sur ce genre de bateau, il est nécessaire de disposer d’un hangar pour faire de la résine au chaud et aussi à l’abris des regards. Comme la quille est assez profonde, genre 2,50, il faut un hangar d’une bonne hauteur, je dirais environ 8 mètres. Ca c’est pour la hauteur, la longueur est donnés par le(s) mat(s) de 32 mètres qui doit pouvoir être travailler à l’abris. Un mât c’est long mais ce n’est pas très large, environ trois mètres d’envergure pour les plus grandes barre de fléches, par contre les voiles sont très volumineuses. Parcequ’il faut bien sur pouvoir recouper une grand voile de 200 m² sur un plancher et faire sécher un spi de 500 mètres carrés. Sans oublier les pontons pour les class mais aussi les tenders. Car un class America ne sort jamais seul, il est toujours accompagné par au moins deux bateaux à moteur d’au moins 8 mètres avec c’est 2×250 cv.
Vous avez donc les grandes dimensions de la base imposé par la bête. Mais il reste toutefois à trouver de la place pour toute l’équipe. Outre les 17 hommes du bord à multiplier par 2, il faut ajouter énormèment de monde. Petite addition :
- Equipiers = 2 x 17 +….= 34 à 50 sportifs
- Chefs, entraineurs, juriste, arbitre = 2 à 5 (voir plus)
- Shore Team (composite, winch, mat, logistique bateau) = 10 à 20
- Design Team (Bateau + voile) = 5 à 20
- Voilerie : de 5 à 10
- Performance team (Electronique et informatique embarqué,analyse de performance)= 2 à 5 (je suis là)
- Météorologue = 2 à 5
- Administratif, marketing, et logistique (resto,…) = 10 à ….
Donc il s’agit d’un espace de travail pour environ une centaine de personne, voir deux cent pour les grosses équipes. Pour la partie bureau, on remarque comme dans toutes entreprises plusieurs choix d’architecture: de piéce individuelle fermé (Mascalzone) au d’énorme open space (Luna Rossa, Team Germany). Il faut ajouter un belle salle de sport, des salles de réunions, une cantine, un espace vip,…. Bref une base d’une équipe de la coupe est très vaste et bien rempli de muscle et de matière grise.
La plus belle base a mon sens, celle de Luna Rossa recouverte de tissus à voile.
© Pierre Orphanidis/Valencia Sailing
Voila une petite idée des mesures (démesure) du décor de la coupe. Je vous invite à venir à Valencia découvrir ces bases disposer en rond autour de la darsena. Même si toutes les bases sont jalousement gardées par des gardiens on peut à la différence d’Auckland s’approcher et voir les mises à l’eau de très prés. Et puis bien sur chaque équipe dispose de sa boutique pour que vous puissiez vous habiller au couleur des teams.
Il faut vraiment venir voir ça c’est assez génial. C’est pas sur que la coupe reste en Europe, alors….
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Merci pour tes reportages. J’ai quelques questions à te poser. A ton avis que fera le bateau français ? quelles sont vraiment ses chances face aux concurrents avec des budgets gigantesques ? Et puis enfin pourquoi sortir le bateau de l’eau après chaque nav ? Le carbone ne supporte pas l’eau de mer ? A+
Pourquoi sortir un Class de l’eau tous les soirs?. Imagine ce que tu veux pour ton laser, une belle coque, sans accro, bien lisse. Et bien, sur la coupe c’est la même chose sauf que la coque fait plus de 20 mètres. En faite les coques sont souvent dévernies et s’abîment beaucoup plus vite dans l’eau. Je me souviens en 2002 avoir poncé la coque jaune fluo d’Areva au 400 à la main. Elles sont nettoyées après chaque sortie comme d’ailleurs l’ensemble du bateau, intérieur et extérieur.
En ce qui concerne l’équipe française, elle a, il est vrai, un petit budget mais est composé d’une équipe de qualité. En particulier elle est composé essentiellement d’ancien de la coupe. Je peux vous dire que ça fait gagner un temps fou dans de très nombreux cas. Par exemple un Albert Jacobsoone qui en est à sa cinquième coupe c’est un atout énorme. Ou alors un mec comme Benoit Briand au réglage du génois c’est essentiel, car les voiles d’un class America sont un peu spéciale (j’y reviendrais). Et puis il y a Seb Col à la barre, un mec extraordinaire. Bon il reste un mystère : le bateau, l’oeuvre de Bernard Nivelt. Il est un peu spécial ce bateau mais promis j’en reparle sur ce blog. Et puis il faudra aussi que je vous parle du format des sélections.
Ah j’oubliais, je ne travaille pas pour les français. Juste pour Luna Rossa (Prada), Oracle, Shosholoza, Mascalzone, et plus régulièrement actuellement pour les allemands.
Sinon, tu navigues encore à la rochelle ? J’ai un formule 18 maintenant !
Et oui j’ai ramené le Laser à St Jean d’Acre hier et je compte bien naviguer le plus vite possible. Où as tu mis ton F18 ?
Des news de l’edition 2009? Se passera-t-elle a Valencia ou NY? merci