Cette première journée des demi finals a été marqué par un vent instable en force et en direction. Le parcours étant mouillé très proche de la côte, la brise thermique a tenté une bonne partie de l’après midi de s’imposer en vain. Certain diront donc que les régates ont ressemblé à des jeux de hasard. Je ne suis pas complètement d’accord avec ça. D’abord il s’agit d’un jeu où il y a plusieurs coups. Luna Rossa gagnant sur le premier et Oracle sur le second. Mais tout ne s’est pas joué sur un coup de poker dans le dernier bord. Luna Rossa a bien gérer son écart du premier bord et effectué un beau coup tactique sur le passage de la bouée sous le vent. J’en reviens à la capacité de gestion du risque, que j’évoquais dans mon précédent billet, qui m’inquiète chez les américains. Je dois dire aussi que j’ai été très étonné de voir des écarts latéraux de plus de 800 mètres dans un vent si shifty…

Cette journée a aussi mis en avant les dysfonctionnements du système de mesure du lead d’ACM (americascupanywhere). En effet ils calculent le gain au vent entre les bateaux à partir de la direction d’un des bateaux, or quand les deux bateaux ont des vents très différents comme aujourd’hui on voit des choses un peu hallucinante. On a vu des énormes écarts et des leads qui pouvait changer en quelques secondes. Il faut savoir que ce nouveau Virtual Spectator ne dispose pas du vent de chaque bateau comme cela était le cas en 2000 où il était transmis par les centrales. La direction du vent est retrouvé par des abaques en fonction de la trajectoire et la vitesse (course and speed over ground from gps). On peut mieux faire pour calculer quel est le bateau en tête, par exemple en effectuant une intégration du VMG ou mieux en utilisant le VMC (Velocity Made Course). Je sais que j’étale un peu ma science mais après avoir analyser de nombreux speeds tests, je commence à en connaitre un rayon sur le sujet. J’espère d’ailleurs vous en faire profiter de ces analyses au plus vite.

Au niveau résultat, on a Luna Rossa qui marque son premier point contre les américains et les kiwis qui s’imposent contre les espagnols. A demain 15 heures pour les prochaines régates.

Une réponse à “Pourquoi la loterie”
  1. DD SMASH dit :

    Tout à fait d’accord à un bémol près…:

    Disons que je peux te répondre sur le 800m de latéral… Une journée comme hier est un peu spéciale comme tu l’as souligné, de part ses conditions de vents. Un synoptique fort de terre, très très variable en direction et en force. Ajoutes à cela le phénomène de brise thermique qui lutte et tente de s’installer. D’ailleurs notre bateau (BMW ORACLE Racing) finit au près ou presque le dernier bord de portant ainsi que les deux autres bateaux du deuxième match (ndlr: ETNZ et DESAFIO ESPAÑOL). Voilà pour la situation. Or en match race dans ces conditions tu « joues » un peu moins l’adversaire. Je ne tente pas de justifier notre façon de naviguer. Je ne suis pas complétement en accord avec ce que nous avons fait mais je ne leur jette pas la pierre non plus car il est très facile de critiquer en étant à terre ou ailleurs que sur le bateau de course en tout cas. Bref, la logique et « l’école » du match race veut que dans ces conditions, tu joues beaucoup plus « ton vent ». Je m’explique; c’est tellement variable en force et en direction que si tu cherches à trop controler, tu te prendras à tous les coups les pieds dans ton propre tapis. Et Tapie, la droite ou la gauche il s’en fout un peu tant qu’il peut faire du fric, non? Et bien là c’est pareil! Pardon, je dévie…! C’était juste une image! Tu joues ton vent pour faire de l’écart c’est ça que je veux dire. Alors à ce jeu, il n’est pas rare de laisser un peu d’eccart… Bon là où je te rejoins c’est que de là à laisser 800m de latéral quand tu sais que seulement 200m suffisent avec une rotation de 5° pour te faire perdre une longeur de bateau… Passons..J’étais pas à bord et je ne vois pas les pressions arrivées de là où je suis! Evidemment à ce petit jeu, il y a la prise de risque dont tu parles. Ce qui est étonnant c’est que les deux équipages est pris ce risque. Et dans cette histoire c’est toujours celui qui passe derrière au croisement qui est « l’idiot ». Ca aurait très bien pu aller dans l’autre sens crois moi! A ceci près que Torben n’est pas manchot et tout le monde reconnait ses qualités pour « lire » un plan d’eau. Laisser 800m de latéral c’est limite respectueux vis à vis de l’autre tacticien, non?! En général on s’accorde à dire que plus tu prends de risque moins tu es sûr de ta vitesse et c’est par la tactique et la stratégie que tu penses faire la différence. Si tu es sûr d’être plus rapide, tu restes au contact et tu seras devant. Dans ce dernier cas, lors d’un point clef du match, c’est régulièrement le bateau le plus rapide qui s’en sort! Ajoutes un bémol à cela; la vitesse de tous ces bateaux est relativement très proche, on ne parle pas de beaucoup. En tout cas, je comprends mieux que Luna Rossa laisse 800m de latéral plus que nous… Si tu vois ce que je veux dire! (Quand bien même tu n’en serais pas persuadé ainsi que nos voisins!).

    Compte tenu des conditions qui s’annoncent aujourd’hui (brise thermique bien établie), j’imagine (et j’espère) que nous allons assister à un match(-race!) plus « classique ».

    Que les artistent s’expriment…!

    Quant à Virtual Spectator… C’est inadmissible! Les gens payent pour ça et ce truc raconte un ramassi de conn… par rapport au vent et au gain relatif par rapport à l’adversaire. Encore une fois je ne veux pas tirer sur le pianiste, peut être n’ont-ils pas obtenu le droit d’utiliser la donnée du vent de chaque bateau pour faire quelque chose de plus fiable par peur (justifiée) que nos équipes s’en servent pour approximer la performance réelle des bateaux en récupérant les données mais toujours est-il que comme par hazard, la télé, qui elle ne retransmet qu’une image et du son et non pas des données informatiques, a un virtual bien plus fiable?! Etonnant non?!!! Ces données sont donc bien récupérées (on est d’ailleurs bien placé pour le savoir!) mais volontairement dégradées pour certaines et non utilisées pour d’autres. Du foutage de gueule grandeur nature!

    A bientôt, Dimitri.

    ps: et pour répondre à une de tes questions perso….quant à ma dérive…hummm… j’ai fini le moule pendant mon temps off… reste à faire la dérive elle-même en carbone… pendant mes prochains jours off, et je ne suis pas pressé d’en avoir si tu vois ce que je veux dire… plus tard seront les vacances, mieux ça sera!!!!!

  2.  
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