Pronostiques de la final de la Louis Vuitton Cup en chiffre
Publié par trebormat dans voile, tags: 32, America's Cup, americascup, Coupe de l'America, Louis Vuitton Cup, Luna Rossa, régates, Team New ZealandVendredi 2 Juin débute la finale de la Louis Vuitton Cup qui va déterminé le challenger de la prochaine coupe de l’America qui affrontera Alinghi fin Juin. Les italiens de Luna Rossa vont rencontrer les néozélandais. Après l’élimination des américains lors des demis fnales, les commentateurs sont devenus plus prudent. Je vais tenté cette exercice difficile en m’appuyant sur des chiffres.
On peut répondre à la question de façon opportuniste en exprimant ses voeux pour le prochain site de la coupe. Comme pour les espagnols on pourrait soutenir directement Alinghi car il y a plus de chance que le trophée reste à Valencia en cas de victoire des suisses. Personnellement je suis comme beaucoup de monde, avec ce type d’argument je préfère revenir à Auckland car la vie y est vraiment agréable (voir l’article de Rule 69, Oh no…please, not Valencia again
). Il est difficile de se ranger du coté italiens car on ne sait pas où il compte organiser l’épreuve en cas de victoire. La base d’entrainement de Luna Rossa en Italie est à Punta Ala, un centre de vacances qui n’a pas du tout l’envergure pour accueillir cet évènement. Quoiqu’il en soit, si on écoute l’ensemble des sponsors il est primordiale que la coupe reste en Europe. »Si la Coupe part en Nouvelle-Zélande, nous n’en serons sans doute pas », explique ainsi Mark Sandler, skipper du Team Shosholoza (via CupInEurope).

Dans un autre genre on peut s’interroger sur ce que pense les bookmakers. Le site CupInEurope a répertorié plusieurs sites de paris en ligne qui indiquent dans tous les cas un léger avantage pour Team New Zealand (le tableau ci-dessus). Mais il semble que l’écart diminue plus on avance dans le temps, voir par exemple sur BestBetting. Comprend qui peut, en tout cas je ne me risquerai pas à parier un centime sur l’issue de cette finale.
Dans la même rubrique, on peut s’amuser à compter le nombre de participation ou les nationalités. Les auteurs du blog de la TSR l’ont fait pour nous (heureusement…) :
TNZ possède les marins les plus chevronnés avec 48 campagnes contre 32 aux Italiens. Ces derniers sont plus jeunes (35 ans de moyenne d’âge contre 41 ans) et plus internationaux. Lorsque James Spithill a quitté les Américains de One World, il a emmené avec lui 8 coéquipiers. Conséquence, à bord d’ITA 94 on trouve 6 à 7 Italiens seulement. La philosophie est inverse chez TNZ: l’équipe navigante est composée d’une quinzaine de Kiwis. Seuls 2 ou 3 Américains ont jusqu’à présent embarqué sur le NZL92. Le nombre de kiwi parmi les équipiers
On peut rajouter que chez les suisses d’Alinghi et les américains la proportion de kiwi est quasiment identique. De même il faut savoir que beaucoup de Shore Team de la coupe sont quasiment exclusivement kiwi. Il est donc clair que les néozélandais vont de toute façon gagner la coupe. Après on peut aussi compter le nombre d’américain et même de français dans chacune des équipes. Juste pour rappel tous les néozélandais n’ont pas gagné la coupe…

L’organisation de la coupe fournit sur son site d’innombrable statistique sur les résultats de tous les concurrents. On peut par exemple comparer nos deux finalistes avec des données depuis le début des sélections il y a trois ans avec les actes. Si on regarde les données depuis trois ans, TNZ est devant 5 victoires lors de 8 confrontations. Mais comparer des bateaux différents sur une si longue période n’a pas de sens. Si on s’intéresse uniquement aux régates de cette année on apprend rien puisqu’il y a égalité de victoire (1-1). Même lorsque l’on rentre dans les détails des temps, il est impossible de trouver de différence notable.
Vous devez commencer à vous dire que je n’avance pas beaucoup dans l’établissement d’un pronostique chiffré. En effet ce n’est pas facile, il nous faut rentrer en détail de chaque phase d’une régate pour pouvoir progressé.
Le pré-start
Le départ ou plutôt le pré-start où une grande partie de la régate se joue. La régate peut se jouer en infligeant une pénalité à son adversaire ou le contraignant à passer la ligne avant ou derrière soit. Dans ce registre nos deux barreurs sont des pointures car ils ont réussit de très beau coup lors des demi finals. On se souvient de deux pénalités pour les américains sur la phase de départ (à voir en image Humiliato). J’ai lu que James Spithill prenait trop de risque sur le départ. Je ne suis pas tout à fait d’accord car il me semble que ce risque est bien mieux évalué que celui de Chris Dickson qui a bien failli tourné aux désastres plusieurs fois (j’en parlais déjà pendant les round robin, ici). Je ne suis pas loin d’observer le même comportement à risque chez Dean Barker qui a été refroidit dans ces ardeurs au premier round robin. Donc un point pour les italiens.
Le second objectif du pré-start est de se placer du bon coté de la ligne en fonction de l’analyse météo de la première bascule de vent après le départ (The first wind shift). C’est primordiale car en générale le bateau qui négocie le mieux cette première rotation gagne la régate. A mon avis les italiens sont encore meilleurs dans cette phase car la seule régate qu’ils ont perdus lors des demi finals n’est pas sur un premier bord mais sur une mauvaise stratégie dans le dernier portant. Soit un point de plus pour Luna Rossa.
La stratégie
Au niveau de la stratégie, c’est à dire le choix des trajectoires à plus long terme en fonction du vent, j’ai été très surpris de l’énorme prise de risque chez Luna Rossa par Torben Grael lors des demi final (voir Qui fait mieux : 1600 mètres en latéral, en faite 2500). Comme toujours quand ça passe on évoque le talent mais en terme de probabilité/risque il faut faire des choix. Le mien est fait avec un bon point pour la cellule arrière de Team New Zealand.
La tactique
Au niveau de la tactique, c’est à dire des manoeuvres destinées à prendre l’ascendant sur son adversaire. Honnêtement je n’arriverai pas à départager nos deux concurrents, car je ne souviens pas de cas où ils ont repris l’avantage sur un coup tactique. Je n’ai rien vu comme le passage de bouée d’Oracle contre Victory pendant les round robin, magnifique!. Il y a quelques temps je m’interrogeais sur la capacité de relance du bateau italien mais le travail effectué avant les demi final a été très bénéfique !. So, Egalité.
Les performances
Pour moi la performance principal c’est la capacité d’aller vite en ligne droite et de conserver un latéral constant avec son adversaire. Au premier round robin les Kiwi avait clairement un avantage qui c’est à mon avis réduit totalement. Certain pense que TNZ préserve un avantage au délà de 12- 13 noeuds et inversement pour les italiens. Et de même on peut lire que les kiwis vont plus vite au portant. Je ne pense pas et j’ai d’ailleurs lu le contraire. Un autre aspect de la performance est la capacité de changer de mode de navigation, c’est à dire d’être capable de passer à un mode avec beaucoup cap (pointing) ou moins (running). Je n’ai pas les moyens de répondre. A mon avis toutes les analyses comparatives sont caduques avant la première régate de demain. Il faut savoir que les équipes ont encore travaillé ces derniers jours. Est ce que l’on va voir un mat sans jumper chez Luna Rossa ?.
La psychologie
La capacité de décision reste la pièce maitresse d’une victoire dans la coupe de l’America. Nous avons vu que mettre toute la pression sur un seul homme était dangereux avec Chris Dickson chez les américains. Les néozélandais avaient déjà conclu cela après la dernière coupe où Dean Barker avait été surexposé. Les deux équipes ont à peu prés le même genre de management avec un directeur sportif skipper : De Angelis pour les italiens et Grand Dalton pour les kiwis. L’italien a une plus grande expérience de la coupe après trois campagnes à la tête de Luna Rossa, ce qui n’est pas le cas de Dalton qui vient de la course au large. Ces deux équipes n’ont également pas le même fonctionnement. Les kiwis sont sur le mode commando avec la mission impérieuse de ramener la coupe à la maison, ils ont débarqué à Valencia début février après 6 mois à Auckland. Les italiens sont sur place confortablement avec femme et enfant depuis trois ans mais ils ont également une forte pression après 2 échecs. Nous verrons bien qui craquera en premier et fera appel au second couteau qui sont Ben Ainslie pour les néozeds et Philippe Presti pour les italiens. Ils viennent tout deux de la voile Olympique avec une expérience en match race non négligeable pour le français. Pour Prestoche, un point de plus pour Luna Rossa !. En espérant que le patron de Padra, donc de Luna Rossa, monsieur Bertelli ne perde pas son calme…
Mon pronostique, car il faut bien y aller, c’est une victoire de Luna Rossa par 5 victoires contre 3 pour Team New Zealand. Rendez vous vendredi à 15h pour les premiers éléments de réponse.



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