Quand le monde est petit. Quand l’info nationale rencontre l’info locale. Quand l’Afrique rencontre la France. Quand le consommateur rencontre le citoyen du monde. Quand Greenpeace bloque le déchargement de bois sur le port de la Rochelle.

Il arrive que notre vie quotidienne rencontrent un fait d’actualité dont l’impacte est international. Dans le cas des actions de Greenpeace, il est remarquable de noter qu’il s’agit d’un activisme rodé où l’implication locale est faible. Il n’y avait aucune activité particulière sur le port. Par contre la couverture médiatique a été importante. J’ai déjà eu l’occasion de dire mon approbation des techniques d’actions de cette association lors de ma participation au défi Areva (Attention addiction). Les coups médiatiques de cette association sont souvent relayés par les médias et c’est donc une réussite non négligeable. Par contre je m’interroge sur la volonté de Greenpeace de se focaliser sur les politiques (« La France doit Agir ») et d’éviter de responsabiliser le consommateur qui achète ce bois…

Quoiqu’il en soit je veux être aussi une autre voix de relais alors je reproduis ici l’appel de Greenpeace disponible sur son site web.

La République démocratique du Congo abrite les deux tiers de la surface de forêts tropicales intactes du bassin du Congo. Au sein de cet espace unique pour les hommes et la biodiversité, l’exploitation industrielle du bois a eu un impact social et environnemental particulièrement désastreux : appauvrissement des communautés, destruction du cadre de vie de millions d’habitants, dégradation irrémédiable des écosystèmes.

photo Bernard ROBERT

La France joue un rôle politique majeur dans le bassin du Congo. Elle est aussi le 1er importateur européen de bois en provenance de RDC. En 2006, ce sont plus de 65 000 m3 pour une valeur de 23 millions d’euros qui sont arrivées via Nantes, La Rochelle ou Caen, sur le marché du bois exotique français.

6 réponses à “Non au pillage de la forêt du Congo. La France doit agir !”
  1. BTC dit :

    Salut Matthieu,

    Pas le temps d’en faire plus mais juste un petit mot complétant cette réflexion. Les pays consommateur de bois tropicaux en particulier l’europe ont mis en place un système d’écocertification des bois. A savoir un mode d’exploitation selon un protocole limitant l’impact écologique forestier. Cependant, si ce système n’est pas contrôlé, il a ses limites. Je sais qu’il y a de gros problèmes, que les forestiers européens en sont conscients et y travaillent en conscéquence mais je ne connais ce dossier pas au delà (pas mon job).

    Maintenant, les acheteurs devraient être accompagnés dans leurs achats pour s’orienter un peu plus vers l’écocitoyenneté. Souvent, il n’est pas nécessaire d’aller chercher des bois aussi loin surtout si on peut faire la même chose avec du bois national ou européen.

    Les forêts européennes sont de plus en plus écocertifiés. La réflexion sur la gestion durable de ces forêts y est vraiment engagé et ce depuis longtemps. Ce bois écocertifié est en développement mais seulement voilà. La demande explose depuis ces dernières années (les parquets notamment) et nos forêts ne produisent plus assez avec des effets non négligeables sur le cour du bois. Du coup, les acheteurs de bois brut vu la ressource se foutent pas mal qu’un bois soit certifié ou pas, du moment que c’est du bois. Mais bon, pour l’instant on tient le coup et ce n’est pas parce qu’un bois n’est pas encore certifié en europe que la gestion et l’exploitation soit dégueu (quoique, j’ai vu de ces trucs des fois, même en bois certifié…)

    Voilà, l’écocertification au niveau mondial se développe assez lentement mais se développe tout de même. Donc même si greenpeace a des méthodes qui ne conviennent qu’à moitié, on peut leur reconnaître de toucher le grand public. et ça, c’est primordial pour la suite.

  2. trebormat dit :

    Merci Bruno pour cette réflexion sur la certification de la production de bois et son avancée en Europe et dans le monde. Et si je comprends bien le message pour les consommateurs est « Faites gaffe à la provenance de vos bois pour vos parquets« . Je dois avouer qu’ayant une maison totalement en bois je ne me suis pas demandé d’où venait le bois…

    Et puis Merci à Greenpeace de soulevé le problème.

    Matthieu

  3. Kobold dit :

    je suis tombé sur cet article au hasard de mes recherches et je voudrais savoir comment on peut verifier par nous même les infos que greenpeace nous communique. Parce que j’aime bien avoir des info plus neutres ou du moins des infos de plusieurs sources differentes pour me faire ma propre idée. Je n’ai trouvé que des articles datant de 2004 au plus recent. Et avant de signer une petition (celle de GP d’ailleurs) je voulais savoir si par hasard vous en saviez plus, vous que vous en parliez sur ce blog .J’ai essayé l’AFP mais elle ne laisse pas les gens acceder gratuitement à son info (pourquoi ça m’etonne). Bref si vous avez du temps à y consacrer, merci!

    Calypso

  4. trebormat dit :

    Salut Calypso,

    Je n’ai malheureusement pas de source précise concernant le Congo et l’action de Greenpeace sur le sujet. Je ne suis pas un spécialiste, je pense être comme vous sensible au sujet. Toutefois le premier commentaire sur cette article est d’un ami qui est dans le domaine forestier et nous indique qu’il faut être attentif à la qualité de l’exploitation de nos forêts.

    J’ai écrit un autre billet sur la forêt après le passage du président français au Gabon où il semble dans ce cas précis que de grande entreprise française (Rougier, Bolloré) exploite dans tous les sens du terme la forêt gabonaise : 

    Sarkozy sauve la forêt du Gabon
    Désolé si le ton est un peu politique mais je crois que nos représentants ont aussi leurs rôles à jouer. Je crois d’ailleurs que la démarche de Greenpeace va dans ce sens. Sinon je vous engage à vous procurer l’excellent livre du François-Xavier Verschave: Les pillards de la forêt.
    Si vous avez d’autres infos intéressantes n’hésiter pas à m’en faire part ! Merci

  5. dagostin dit :

    Tous les propos des hommes politiques et des exploitants forestiers sur les certifications et les gestions des forêts sont du blabla… Sur place c’est une catastrophe, la seule règle c’est le profit, tout est détruit, la vrai forêt disparait inexorablement. Je me suis marié à Djoum, je peux affirmer que l’exploitation forestière est la malédiction de la population locale. Tout est corrompu dans tous les sens du terme. On ne peut pas parler de gestion quand il s’agit de couper des arbres plusieurs fois centenaires, c’est ridicule! La seule solution ne peut être qu’extrême: interdiction totale d’expoitation et de transformation des essences concernées, et changement radical de politique de développement. Impossible quand on voit le genre de personnages concernés… Il n’y a rien à attendre d’eux. Le seul espoir c’est que le grand public prenne conscience de l’ampleur du désastre et tout simplement n’achète plus de produits inutiles fabriqués en bois précieux. Un peu comme si on détachait des peintures de Lascaux pour les accrocher quelques temps dans son salon puis les mettre à la poubelle… Je ne suis pas optimiste.

  6. trebormat dit :

    Merci de votre témoignage. J’espère que dans le Grenelle de l’environnement qui commence ce sujet sera en discussion.

  7.  
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