The bookTout débute, à l’âge où l’on use son ciré sur des caisses à savon. On sait déjà que l’on va devenir des stars de la voile car nos optimists sont des « winner » translucides. Je n’étais pas encore accro à la coupe et je n’ai pas suivi la révolution de 1983 à Newport où les australiens arrachent la cup aux américains après plus d’un siècle de domination. Toutefois la révélation a lieu peu après lors de la lecture du roman de John Bertrand Et le kangourou terrassa l’aigle . Ce livre relate la campagne victorieuse des australiens face au bateau rouge de big bad Dennis. C’est le seul livre de voile que je connaisse qui rapporte aussi bien l’esprit d’une régate. En particulier il retranscrit parfaitement les dialogues des équipiers en pleine régate. On retrouve des problématiques stratégiques connues avec en plus la tension propre à la coupe. On revit ce dernier bord de portant où les américains perdent la coupe sur une prise de risque trop importante et non grâce à cette fameuse quille à aillette d’Australia 2.



Clara par French Kiss

La coupe s’en va donc à Perth en Australie. J’ai maintenant attrapé la maladie. J’achète tous les magazines qui parlent de la coupe, et découpe tous les articles de presse. Je me souviens de l’éditorial de Daniel Charles dans Neptune Yathching qui parle d’une nouvelle forme de guerre entre nations, tant chaque équipe rassemble les compétences et ressources de son pays : compétences sportives bien sûr mais aussi financières et technologiques. En 87 à Freemantle, j’ai suivi la coupe tous les soirs dans le trop court journal de Patrice Drevet, il me semble me souvenir que c’était juste avant Santa Barbara… C’est l’aventure de French Kiss, dont le marketing avait bien comprit les fans comme moi: j’avais même le caleçon. C’est le début de l’ère Pajot , le commencement d’une vie pour beaucoup de marins français. Je pense par exemple à Jaco (Albert Jacobsoone) qui, après 25 ans n’est toujours pas guéri.

L’histoire continue sur la cote ouest des états Unis, à San Diego, après la revanche de Dennis Conner non plus contre le kangourou mais le Kookaburra (il aurait jamais du changer d’emblème). On devient vite comme un supporter de foot à surveiller toutes les infos et apparitions. D’autant plus que la coupe est truffée d’histoires d’espionnage, par exemple de plongeur tentant de découvrir les appendices des nouveaux monstres de la coupe qui apparaissent alors : sa majesté le class America.

Il fallait vraiment être passionné pour suivre les régates américaines sans vent. Je ne suis certainement pas le seul à me souvenir des commentaires de Bertrand Chéret (maitre) sur FR3 et des longues soirées au carousel du Louvre à regarder l’ancêtre de Virtual spectator.

Je sais que ces guerres là on était très dures pour le clan français, mais il faut que vous sachiez que pour les nombreux voileux fans c’était tout aussi dur. Beaucoup de tristesse devant les piètres performances de Ville de paris, de France 2. Mais la richesse du clan français dans la communauté de la coupe vient essentiellement de ces campagnes.

A suivre : où comment devenir acteur ?

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