C’est Larry Ellison qui le dit « nous(BMW Oracle Racing) allons gagner la Coupe de l’America, à moins qu’ils (Alinghi) ne trichent » (source deal.com). Il est clair qu’ils sont en bonne voie pour s’approcher techniquement du graal, par contre en terme de modestie c’est plus difficile. Le juge Kornreich, de la court de justice de New York dit aussi que le Golden Gate Yacht Club serait un peu anti-sportif si il publiait le certificat d’immatriculation de BOR 90 seulement deux semaines avant la première course (source Alinghi). Je me demande qui lui a parlé de sport. Si les péripéties judiciaires vous amuse je vous invite à participer à la discussion en commentaire au sujet de l’accord entre la fédération international, l’ISAF, et Alinghi (c’est par ici).
Revenons un peu à BOR 90 alias DoGzilla, de son vrai nom USA. Voici la dernière vidéo produite par le team qui est vraiment intéressante au point de vue visuel mais aussi par les propos de Ian Burns au sujet du développement.
Je ne vais pas essayer de faire l’inventaire complet des changements entre le trimaran de 2008 et celui de 2009 mais au moins vous donner quelques éléments.
Le mât
La première chose qui a réellement évolué rapidement c’est la taille du mât. Elle avoisine maintenant les 60 mètres alors qu’au départ nous estimions la perche à 50 mètres. Pour rappel le mât de Banque Populaire V culmine « seulement » à 40 mètres. Les voiles ont suivi le mouvement et la corne est encore plus énorme. Combien peut elle faire ?. Comment ça tient ?. Selon la rumeur le nouveau mât de Alinghi mesure 63 mètres !.
Le mât de 60 mètres – 2009 – Gilles Martin Raget
Un autre élément a gentiment évolué avec le temps, le nombre d’équipier à bord. Souvenez vous en 2008, c’était la foule à bord avec des casques pour presque tout le monde.
Je vous avais prévenu, je suis en vacances et je suis parti sur les traces de Alinghi 5. J’ai donc eu le plaisir d’admirer de mes yeux le maxi catamaran de Alinghi 5 pour la prochaine Coupe de l’America. Je dois avouer que j’ai eu beaucoup de plaisir à voir une équipe de la Coupe de l’America au travail. J’ai ressenti également un peu de frustration d’être du mauvais coté de la barrière pour la première fois depuis plus de dix ans. Je me suis fondu dans la foule pour observer ce magnifique voilier et réaliser quelques clichés. Je ne suis qu’un photographe amateur et je me suis surtout attardé sur certain détail.
Le cadre est exceptionnel à la frontière du Jura et des Alpes. La base de Alinghi est composé de quelques containers avec les ateliers et local technique, une grue, et juste la place pour sortir le catamaran de l’eau (est ce qu’il est sorti de l’eau après chaque sortie ?). Je ne connais pas la configuration habituelle de ce petit port de plaisance mais il semble qu’ils ont du faire un peu de place pour ce maxi catamaran qui a juste assez de place pour pivoter et sortir le long des pontons. L’équipe de ce dimanche est réduite: peut être une quinzaine de naviguants dans lequel on peut compter l’équipe de l’électronique (couple Nivelaut). Beaucoup de monde sur des tenders de toute taille pour la manipulation de l’engin. J’ai noté la présence à bord de Murray Jones en tant que Boat captain, Alain Gautier, Simon Daubney (régleur). Ed Baird est bien là mais à bord du tender principale. Donc pas de gros bras mais beaucoup de monde sur le moteur…
J’ai également pris quelques vidéos avec l’aide de Tom (encore merci), que je dois maintenant monter. Je voulais quand même vous faire écouter le bruit du moteur dans la vidéo suivante.
C’est clair « Ca fait du bien quand ça s’arrête ». Le bruit du moteur tranche avec le silence du public très sage qui se presse sur les pontons. C’est clair nous ne sommes pas à Valencia avec un public enflammé malgré des fans de tout âge.
Dans la foule on entend beaucoup de chose comme exemple le fait qu’ils ont grillé au moins trois moteurs avant de pouvoir hissé la grand voile. C’est clair que ce moteur est peut être vu comme l’arme fatale mais est aussi leur talon d’achille… J’essaierai de revenir prochainement sur les détails que j’ai noté.
Alinghi sous voile entouré de nombreux voiliers spectateurs. Photo Schmid Chris / Eyemage Media
Ce week end a été l’occasion d’attaque de la part Tom Ehman, le conseiller juridique de BMW Oracle Racing. Dans une interview à Valencia Sailing, il revient longuement sur la procédure judiciaire. La liste est longue et ces propos ne sont pas rassurant pour la suite. Il accuse maintenant les suisses ne pas avoir construit leur voilier exclusivement dans leur pays. Je le rappelle mais monsieur Ehman était aussi grand maitre dans l’affrontement juridique dans les années 80 quand la Coupe de l’America s’était arrêté pendant plusieurs années (1987 à 1992). Ca ne mérite même pas de commentaire, il me semble que le combat sur l’eau suffira.
Pendant ce temps BOR 90 ou DoGzilla navigue à San Diego. L’équipe américaine a déclaré arrêté le circuit IShare Cup où pourtant James Spithill est second du classement (source BYM News). Ils veulent se concentrer sur le DoG match de février prochain.
Les moyens de l’équipe doivent également se focaliser sur le nouveau voilier qui est en fin de construction à Anacortes. Il se dit qu’il est équipé d’un moteur pour les ballasts, rumeur ou intox ?.
Bonne semaine. Je continue mes vacances sur les routes du Rhône.
Il y a quelques mois j’avais publié un billet décrivant une bonne partie de l’instrumentation type Coupe de l’America installé sur Groupama 3 lorsque BMW Oracle Racing faisait des tests à Lorient: Leçon d’espionnage – Instrumentation et analyse. C’est de loin un des billets les plus lu de ce blog et vos commentaires enthousiastes m’incite à continuer. Aujourd’hui je ne vais donc me focaliser sur un sujet bien précis: la mesure des voiles ou sur le réglage des voiles assisté par ordinateur (Computer Assisted Sail Trim). Je vais m’intéresser à la technique utilisée sur DoGzilla (le trimaran hors norme des américains) mais aussi à celle utilisé sur l’hydroptére qui est assez innovante.
Vous avez peut être déjà vu cette vidéo de l’équipage de Franck Cammas qui commente sa participation avec BMW Oracle qui prépare le duel contre Alinghi dans la prochaine Coupe de l’America. Cette vidéo m’a particulièrement intéressé car ils parlent du gros apport des techniques de mesure et d’analyse provenant de la Coupe de l’America. Comme c’est mon domaine, je vais vous faire un petit tour des technologies utilisées (je ne suis plus sous aucun contrat de confidentialité alors j’en profite…).
Alinghi a gagné son cinquième match et donc conserve la coupe de l’America. Cette dernière régate fut exceptionnel avec au six changements de leader. Je n’ai pas de souvenir d’avoir vécu d’autre épreuve de cette intensité. Avant que l’on discute de l’avenir de l’America’s cup j’ai voulu revenir en vidéo sur cette fantastique dernière journée.